La Pluie

D’après le roman « La Pluie » de Rachid Boudjedra
Adaptation théâtrale : Eddy

Création Saison 2007/2008
Mise en scène : Kheireddine Lardjam

Une femme algérienne se questionne sur sa vie et revisite les moments qui l’ont constituée depuis sa puberté, origine de sa douleur. Elle nous  entraîne dans les profondeurs de la nuit, vers des zones de faille où l’âme se replie. C’est le journal intime d’une femme algérienne contemporaine « J'arrête de griffonner sur le papier. La page est comme échardée, grêlée par les signes de ma minuscule écriture »… Mots courts. Brefs. Concis. Neutres. Saccharinés. Futiles ».
Insomniaque, elle remplit ses nuits en déroulant le ruban de sa mémoire. Les traumatismes successifs qui balisent son existence, sont autant de motifs qui aiguisent sa tentation du suicide « Une nouvelle fois je suis prise par mes frayeurs. Un sentiment d'étrangeté et de fluidité s’empare de moi. La sueur imprègne mon corps... aucune possibilité de fuite sinon dans le repli sur moi-même et l’enroulement sur mon propre être ».
Chaque page est une  plongée dans les affres de la vie quotidienne, famille, sexualité, amour, et société confondue « Vision d'enfer » « Cauchemar sur cauchemar ».
La peur et l’angoisse constantes immobilisent  le temps, et le figent dans une atmosphère de macération fétide. L’épaisseur psychologique élabore la densité du texte. Elle se veut comme le contrepoint d'une écriture fragmentée, toujours tâtonnante, à la recherche du mot juste, livrant une langue forte et crue.

J’ai choisi de monter cette pièce avec une comédienne  algérienne Malika BelBey et une comédienne française, Cécile Coustillac. 
Malgré leurs différences culturelles et sociales, beaucoup de choses les réunissent en tant que femmes et peuvent faire échos à l’universalité du texte. Deux comédiennes qui pourraient être les deux faces de cette  femme.