Mille francs de récompense

de Victor Hugo
Mise en scène : Kheireddine Lardjam

Création le 04 février 2018 au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine
 
assistant à la mise en scène Cédric Veschambre avec Azeddine Benamara, Maxime Atmani, Romaric Bourgeois, Linda Chaïb, Samuel Churin, Étienne Durot, Aïda Hamri, Cédric Veschambre
 
scénographie Estelle Gautier | lumière Victor Arancio | son Pascal Brenot | composition musicale Romaric Bourgeois | vidéo Thibaut Champagne | costumes Florence Jeunet | dessinateur Jean-François Rossi | chorégraphe Bouziane Bouteldja | chargée de production Lucile Burtin | diffusion Daphnée Martin
  

Coproduction

La Comédie, Centre dramatique national de Saint-Étienne - L’arc, scène nationale Le Creusot - Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine - Théâtre L’Aquarium.

Avec le soutien

du Théâtre l'Aquarium - la Cartoucherie, de la DRAC Bourgogne Franche-Comté - Région Bourgogne Franche-Comté - Conseil départemental du Val-de-Marne dans le cadre de l’aide à la création - Conseil départemental de Saône-et-Loire - l'Adami - la Spedidam.

Résumé

Un théâtre engagé d'une actualité brûlante, par Kheireddine Lardjam

Mille francs de récompense est un manifeste contre l'âpreté des banquiers, l'individualisme grandissant et le capitalisme financier qui commencent à entrer dans les mœurs, à devenir la norme économique dans les années 1820. On aurait tort de s'économiser le lien avec l'époque actuelle, car c'est bien dans cette période postrévolutionnaire que le cynisme contemporain prend sa source. Qui se souvient aujourd'hui que l'auteur du slogan soixante-huitard « Police partout, justice nulle part » est Hugo lui-même ? « Je parlerai des petits aux grands et des faibles aux puissants » a dit Victor Hugo, qui écrivit Mille francs de récompense pendant son exil à Guernesey entre 1855 et 1870. L'écrivain rompt ici avec le Romantisme pour dénoncer les injustices sociales. Il refusa de voir jouer cette pièce de son vivant, au motif suivant : « pas tant que la liberté ne serait pas de retour ».

Je souhaite faire résonner son message dans et avec le monde d'aujourd'hui. Saisissant de modernité, ce texte manie avec brio suspense, rebondissements et violente chronique sociale. Hugo dresse le portrait au vitriol d'une société de l'argent à l'époque de la Restauration et fait d'un miséreux un héros magnifique qui sortira une famille ruinée des griffes d'un homme d'affaires véreux. Les scènes se succèdent comme des plans cinématographiques.

Mille francs de récompense est une œuvre peu jouée et pourtant son propos s'avère étonnamment contemporain, tout comme la langue hugolienne, admirable. Hugo décrit une société très proche de celle d'aujourd'hui, une société à deux vitesses en panne d'ascenseur social. Les rocambolesques aventures de Glapieu sont déroulées avec une jubilation dont l'évidence nimbe tout le spectacle. Cette pièce est d'une actualité brûlante. Elle dénonce une société fondée sur les malversations de la finance. Théâtre engagé, la pièce est une sorte de manifeste tour à tour drôle et glaçant.