Kheireddine Lardjam

Kheireddine Lardjam

Kheireddine Lardjam est né en 1976. Après l’obtention d'une licence de musique, il entame des études théâtrales au conservatoire national d’Oran en Algérie. Il suivra plusieurs, stage de formation théâtrale en France, dans plusieurs pays arabe (Tunis, le Caire, Beyrouth, Damas et à Amman) et en Afrique de l’ouest.
En parallèle il travaille dans plusieurs journaux indépendants algériens. Son parcours journalistique influence son travail scénique. L’actualité est toujours au cœur de ses créations.

En 1996, après sa sortie du conservatoire, il crée la compagnie « El Ajouad » : titre d’une œuvre d’Abdelkader Alloula, premier artiste et dramaturge assassiné en Algérie en 1994  par les islamistes. Il reste un auteur déterminant dans le trajet de Kheireddine qui s’engage à défendre son œuvre en créant cinq de ses textes : « L’Alag » (les sangsues), « Habib Errebouhi », « El lithem », « Les Dires » et « Le pain ».
Depuis il crée des pièces d’auteurs arabes : « La récréation des clowns » de Noureddine Aba, « Coquelicots » de Mohamed Bakhti, « La pluie » de Rachid Boudjedra, « Le cadavre encerclé » de Kateb Yacine, « Pygmalion » de Tawfiq al-Hakim, « Al-Fajr al-kâdhib » (L’aube trompeuse) de Naguib Mahfouz. Mais également des pièces d’auteurs occidentaux : « Roméo et Juliette » de William Shakespeare, « En attendant Godot » et « Fin de partie » de Samuel Beckett, « Ubu roi » d'Alfred Jarry, « Les Justes » d’Albert Camus, « Syndromes aériens » de Christophe Martin...

Depuis 1999, ses spectacles tournent en Algérie, dans plusieurs pays arabes et également en France de façon régulière.

Dès 2002, il collabore avec des metteurs en scène français comme Arnaud Meunier et Guy Alloucherie.  La compagnie « El Ajouad » est jumelée avec la compagnie « La Mauvaise Graine » sous la direction d'Arnaud Meunier.
En 2003, il est  artiste associé au Forum du Blanc-Mesnil, où parallèlement à son travail de création il mène des projets artistiques en direction de jeunes de la ville du Blanc-Mesnil.
En 2004, il dirige le théâtre « El Moula » à Mostaganem en Algérie. Un théâtre  condamné à la démolition par le pouvoir Algérien en 2006.

En 2005, il met en scène le spectacle d’ouverture du festival international du théâtre indépendant en Algérie. Un spectacle qui regroupera 90 artistes de 15 pays différents.

Dès la fin 2005, il entame des résidences de créations dans plusieurs pays arabes: à l'automne 2005, il crée « Le roi Lear » de William Shakespeare et « Murail » de Mahmoud Darwich en collaboration avec l’auteur, au théâtre Masrah el Hamra à Tunis.
En 2006, il crée « Roberto Zucco » de Bernard-Marie Koltès au théâtre SHAMS à Beyrouth au Liban.
En 2007, il crée « Le jeu de l’amour et du Hasard » de Marivaux au Théâtre Royal de Marrakech au Maroc.
Durant la saison 2007/2008, il est artiste associé à la scène nationale du Creusot. En parallèle à son travail de création, il mène un projet en direction de plusieurs quartiers sensibles de la ville du Creusot. Ce projet donne naissance à un événement intitulé « L’échappée » qui regroupe une exposition, des collectes de témoignages et un spectacle réunissant 30 habitants et plusieurs artistes professionnels.

En mai 2009, Il est en résidence au Centre dramatique de Valence pour la création de « Bleu Blanc Vert » de Maïssa Bey. Il est aussi artiste associé du festival « Temps de parole » organisé au CDN cette même année.
Souvent il réfléchit également à la transmission, qui est  une autre forme d’engagement.
Il met en place un projet de formation pour comédiens professionnel à Alger. En partenariat avec l’ambassade de France en Algérie durant trois ans (2005 à 2008), une quinzaine de comédiens professionnels algériens suivent une formation animée par plusieurs metteurs en scène internationaux. En France, il dirige aussi plusieurs ateliers, le dernier en date : en novembre 2010 à l’université d’Aix en Provence dans le cadre des ateliers de la Méditerranée organisés par Marseille 2013, capitale de la culture européenne.

En 2011, Il est invité par Scènes du Jura pour être artiste associé du festival Scène Méditerranéenne. A cette occasion, il dirige deux projets en direction de quartiers des villes de Dole et Lons-le-Saunier. L’objectif étant d’inventer une nouvelle forme de présence artistique au plus près des habitants, dans le théâtre bien sûr, mais aussi hors les murs, en différents endroits de la ville. En collaboration avec toute une équipe artistique, et l’auteur Samuel Gallet, il met en scène deux spectacles avec une vingtaine de participants dans chaque ville. « Les terriens » à Lons-le-Saunier et « Nedjma ou les paraboles » à Dole.

En Janvier 2011, il répond à une commande du Centre dramatique de Sartrouville, pour une création Jeunesse dans le cadre du Festival Odyssées en Yvelines. Il met en scène le texte de Pauline Sales : « De la salive comme oxygène ». Durant cette saison, il mène aussi un chantier artistique sur la thématique liberté, en collaboration avec l’auteur Christophe Martin. Le projet proposé par Sartrouville est d'aborder par le biais d'une création théâtrale avec 150 habitants de Sartrouville, les libertés individuelles, la question de la liberté dans l’espace public et l’espace privé. Un projet qui s’articule d’octobre 2010 à juin 2011, avec la mise en place de plusieurs ateliers dans différents espaces culturels de la ville de Sartrouville. La finalité étant deux restitutions regroupant les 150 participants sur la scène du Centre dramatique de Sartrouville, les 19 et 20 juin 2011.
Pour la saison 2010/2011, il intègre le collectif d'artistes du Préau, Centre Dramatique Régional de Vire, où il crée « Réanimation » de Samuel Gallet.

Les créations de Kheireddine Lardjam sont marquées par une interrogation sur le rapport au corps. C’est pourquoi dans la majorité de ces créations, il collabore avec des chorégraphes pour interroger le corps des comédiens. Il ne s’agit pas de danse mais plutôt d'une recherche dans le mouvement des corps et de la parole. Il travaille notamment avec Nacera Belaza, Sylvain Prunenec, Hamid Benmahi, Frederique Cellé, Rachid Ouramadane.
Pour Kheireddine Lardjam l’acteur est au centre : c’est lui, qui plus que tout autre élément, définit ce qu’est le théâtre, l’acte théâtral. S’interroger sur le théâtre et sa relation à la réalité, c’est donc s’interroger sur le comédien, sur ce qui se passe quand il joue. Que se passe-t-il quand on fait « comme si », quand on s’acquitte d’un rôle? Qu’est-ce que jouer? C’est pour se rapprocher davantage de la complexité de la vie que l’acteur confère un sens aux moindres gestes et actions. La précision du geste technique devient caution de vérité. Ses soucis d’exactitude, de précision et d’authenticité se retrouvent à tous les niveaux dans son travail. Mais ce qui compte pour lui est l’idée suivante: le théâtre et la réalité sont différents, mais ils ont l’air, le temps d’une représentation, de se confondre.

Révolté contre l'ordre moral, l'armée, les dogmes religieux, les théories politiques et les philosophies fondées sur la volonté de puissance, le théâtre que défend Kheireddine Lardjam depuis ses début en Algérie est un théâtre engagé ; un théâtre qui regarde la société aujourd’hui.
Il est l'un des rares metteurs en scène algérien dont le travail est connu sur les deux rives de la Méditerranée.